Premières impressions : Mutant Mudds (iOS)

Mes premiers instants dans le jeu furent, pour ainsi dire, assez brutaux. Premier saut, splatch, dans les piques. Mort instantanée. Deuxième saut, je déclenche le jetpack par mégarde, re-splatch, re-les piques. Troisième tentative, je saute, j’évite gracieusement les piques, j’atterris sur une plateforme, aha victoire ! Un monstre s’approche, je lui saute dessus, bam, un cœur en moins. Dans la panique, je saute, re-jetpack, re-re-splatch, re-re-les piques. Ronondidjiou.

Il m’aura fallu pas loin de 10 minutes pour passer le premier niveau. Et plus de 30 (non-consécutives, mes nerfs n’ont pas tenu) pour le second. Et il n’y a que 20 niveaux au total. Kill me now, please. Derrière son look tout mignon plein de pixels se cache un monstre de précision, des sauts millimétrés avec un timing parfait et un level-design bien retors. Les trois cœurs de votre personnage ne vous serviront presque à rien, puisque les ennemis sont systématiquement placés pour vous faire tomber dans ces putains de piscines de pieux acérés (dans quel monde de dingues vit ce gamin binoclard ?). Ou alors vous vous faites enchaîner par un tas marron (de la m… ?) qui vous tire dessus pendant qu’un espèce de marteau vous tombe sur la tronche, sans que vous ne puissiez rien y faire : l’animation de votre personnage touché étant plutôt longue, elle vous laisse à la merci des monstres/d’un environnement sacrément hostile à cause d’une réactivité pas toujours optimale. Bref, niveau gameplay*, c’est un supplice.

Pas de physique dans les sauts, pas d’inertie comme dans un Mario, non : c’est du saut à la Castlevania période SNES et si vous déclenchez le jetpack, vous ne pouvez pas l’arrêter. Et peu importe si cette foutue plateforme qui n’apparaît qu’une seconde s’évapore sous vos pieds lorsque vous atterrissez enfin. Généralement, cela a pour conséquence de vous précipiter sur les pointes fatales. Evidemment. Oubliez aussi la difficulté progressive comme dans tout jeu de plateformes récent : Mutant Mudds vous met le nez dans la crotte dès ses premiers instants, se donnant des airs de Dark Souls de la plateforme. Ouch.

La trouvaille du jeu réside dans la gestion de trois plans de profondeur : un avant-plan, un plan médian et un arrière-plan. Tous les niveaux sont construits de cette façon et vous passerez de l’un à l’autre via des zones précises : impossible de basculer à volonté entre ces plans, il faut suivre le déroulement d’un niveau comme il a été pensé par les développeurs. Lors de sa sortie sur 3DS, le titre de Renegade Kid a été encensé par la critique pour cette trouvaille de level-design (plus que de gameplay, n’en déplaise à certains), utilisant de manière intelligente le relief autostéréoscopique de la console de Nintendo. Louanges qui ont été faites, dans la plupart des cas, au détriment d’une analyse du gameplay à proprement parler et surtout de la difficulté incroyable du titre.

Sur iOS (ou sur PC, version à laquelle j’ai également joué), il s’agit plus d’un gimmick sympathique que d’une vraie révolution : d’ailleurs, il arrive que le passage entre les plans soit optionnel puisqu’il consiste parfois en un chemin alternatif, facultatif pour la réussite du niveau. A moins de vouloir récupérer les cent bidules qui traînent dans chacun des niveaux (ce que je fais malgré tout), vous n’aurez pas à changer régulièrement de plan dans la première moitié du jeu.

Mutant Mudds se réserve donc à un public averti : il ne faut pas avoir peur d’un challenge velu-velu, d’un gameplay hyper-rigide et d’une gestion des sauts aujourd’hui contestable. Aussi, il émane du jeu une certaine mollesse, la faute à la prudence dont on est obligé de faire preuve à chaque pas après s’être fait avoir dix fois par le même piège, un rythme de jeu lent et une frustration galopante. La direction artistique plutôt passe-partout, voire moche (les monstres n’ont aucune âme), peine à le rendre plus sympathique. J’aurais aimé aimer Mutant Mudds mais son ingratitude vis-à-vis du joueur rend l’effort pénible et fastidieux. Dans le registre de la plateforme hardcore sur iOS, préférez les League of Evil de WoblyWare et Ravenous Games dont le gameplayvif et nerveux les rapprochent d’un Super Meat Boy pour smartphones (toutes proportions gardées).

Mutant Mudds est disponible à la fois sur l’App Store pour 0.89€ et sur PC (via Desura) pour 8.99€, le contenu de ces deux versions étant strictement identique.

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