BOF 2012 – Cinéma

Avant les TOP et FLOP de 2012, passons en revue les BOF de cette année : tous ces films pas assez bons pour être dans le TOP, mais pas assez nuls pour faire partie du FLOP. Les mal-aimés de 2012, mais pour de bonnes raisons… Pas de classement pour ces films, ils sont dans un désordre parfaitement aléatoire.

rebelle

Margin Call de J. C. Chandor,
Un thème d’actualité (la crise financière), un cast en or massif (Kevin Spacey et Jeremy Irons, putain !) et une réal’ discrète mais élégante. Le tout est malheuresement plombé par l’aspect abscons des dialogues et une résolution de l’intrigue complètement vaine.

La Chasse de Thomas Vinterberg,
Mads Mikkelsen est touchant, Vinterberg maîtrise son sujet et sa mise-en-scène mais le film manque d’un je-ne-sais-quoi en plus pour vraiment décoller. Le sujet augurait quelque chose de plus remuant d’un point de vue émotionnel, mais le film échoue à impliquer réellement le spectateur.

Rebelle de Mark Andrews, Brenda Chapman et Steve Purcell,
Avec la série Cars, probablement l’un des Pixar les plus faibles. Si l’on peut saluer la technique irréprochable et l’approche originale de l’archétype qu’est la princesse des contes de fées, force est de constater que le film se termine dans un déluge de bons sentiments complètement niais, typique des productions Disney. Le court-métrage au début, La Luna, est quant à lui véritablement magique et pullule de références (involontaires ou non) à Zelda et Super Mario Galaxy : le sillon du bateau dans l’eau, les moustachus en salopette-casquette, les étoiles géantes, le changement de gravité lors du passage de la Terre à la Lune…

Looper de Rian Johnson,
Il est communément admis que les films de SF sur le voyage dans le temps ne feront jamais aussi bien que Doctor WhoUn jour sans fin ou Retour vers le futur. Et ce n’est pas ce Looper qui viendra me donner tort : partant d’une fausse-bonne idée (la mafia qui envoie ses gêneurs dans le passé pour les faire exécuter), le film déroule une intrigue bateau mais efficace avec cet increvable Brice Willous. Les scènes d’action envoie sec et le casting est solide (le toujours très bon Garret Dillahunt), même si la tronche de Joseph Gordon-Levitt, « morphée » pour faire croire à un Willous plus jeune, est un peu perturbante de prime abord. Je vous renvoie au « Spoiler dans la bonne humeur » consacré à Looper par l’Odieux Connard pour comprendre toute la bêtise du pitch de base. Je vous fais grâce du mauvais jeu de mots que le titre nous permet de faire dans notre sémillant français : loupé, ce sera pour une autre fois… Et merde.

hunger games

Millenium – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de David Fincher,
La réalisation de Fincher est sans faille, l’interprétation de Craig et consort excellente mais le scénario – identique au film suédois original – est toujours aussi inintéressant et mal rythmé : personnellement, j’en avais un peu rien à foutre de savoir ce qu’il était advenu de la fille disparue chez Niels Arden-Oplev et encore moins chez Fincher. Aussi, une règle de base du cinéma est que « tout ce qui n’est pas montré à l’écran n’a théoriquement pas eu lieu » : partant de là, la conclusion de l’histoire n’a plus rien de surprenant.

Argo de Ben Affleck,
Ben Affleck n’a rien d’un bon acteur (une seule expression faciale à sa palette de jeu, c’est le Kristen Stewart version mâle) mais il est un réalisateur correct. Dommage que la fin du film s’embourbe dans un suspense hollywoodien des plus artificiels, tuant l’énergie et l’aspect « no way » que la mention « tiré de faits réels » donnait au début de l’histoire.

Hunger Games de Gary Ross,
C’est toujours moins con qu’un Toiloute mais ça ne vaut pas une seule minute de Battle Royale, le film-coup de poing de Kinji Fukasaku qui a « inspiré » les bouquins. C’est marrant comme la notion de plagiat est très subjective aux Etats-Unis…

The Dark Knight Rises de Christopher Nolan,
Deux mots : MARION. COTILLARD.

babycall

Jason Bourne – L’Héritage deTony Gilroy,
Un Bourne qui commence bien (la scène du « suicide » est géniale), se poursuit agréablement mais qui se termine sans résoudre aucun de ses enjeux scénaristiques. Un petit goût d’inachevé qui ternit l’éclat de l’ensemble, pourtant de bonne facture. Jeremy Renner est un très bon substitut au pataud Matt Damon, cela dit.

Exam de Stuart Hazeldine,
Un film qui se présente comme « Une vision de Hazeldine » et pas comme « Réalisé par Stuart Hazeldine », il sent direct le purin : pas de bol pour Hazeldine, son huis-clos à tiroirs rame sévère par manque d’enjeux scénaristiques forts, de personnages intéressants et d’acteurs avec un vrai charisme. Bon, il y a toujours Pollyanna McIntosh (la woman de The Woman), mais elle se fait avoir comme une conne et disparaît au milieu du film.

Babycall de Pal Sletaune,
Un film pétri de bonnes intentions mais qui cherche beaucoup trop à émuler le parfait Morse de Tomas Alfredson, sans arriver à la cheville de ce dernier : trop long, trop lent, les moments « fantastiques » sont phagocytés par le réalisme grisou du reste et peinent à faire décoller une intrigue au demeurant intéressante et originale (une femme battue élève seule son enfant, dans la terreur constante d’un éventuel retour du père).

Piégée de Steven Soderbergh,
Ce n’est pas un mauvais film d’action – loin de là – seulement, à une semaine d’écart avec The Raid, les quelques bastons de Gina Carrano font pâle figure face au moindre figurant du film de Gareth Evans. Aussi, les dialogues plutôt chiants (et inintéressants) cassent complètement le rythme d’une histoire déjà suffisamment convenue. Un film d’action d’auteur, en somme.

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5 réflexions au sujet de « BOF 2012 – Cinéma »

  1. J’aurais bien mis Rebelle dans les Flops perso … Et Th Dark Knight t’es dur quand même… je veux bien qu’une scène de Cotillard soit mauvaise, mais de là à ce que ça fasse chuter tout le film… Bane (même si pas au niveau du Joker) est quand même un des meilleur méchant qu’il m’ait été donné de voir.

    • En fait, j’ai longtemps hésité avant de mettre Rebelle ET Dark Knight dans le BOF : au début, ils étaient tous les deux dans le FLOP mais en fin de classement…

      Pour TDK, il n’y a pas que Marion Cotillard qui justifie sa présence (c’est la moins importante, évidemment) : ce que je lui reproche vraiment c’est que Nolan nous prend pour des jambons avec toutes ses facilités de scénario et ses plot-holes à répétition. Il veut nous faire avaler que personne n’a jamais essayé de sortir de la prison en des siècles d’existence, que Batman prend le temps de peindre une putain de chauve-souris de quinze mètres avant de sauver Gotham menacée d’une explosion nucléaire dans les minutes qui suivent, que TOUS les policiers de Gotham se retrouvent piégés comme des cons sous les égoûts en même temps, que le plan génial de Bane… en réalité ne sert à rien et que sa mort est expédiée en 2 plans au profit de MC… Bref, toute cette fausse virtuosité scénaristique qu’on a vanté au sujet de ce film, ainsi que son soi-disant « réalisme ». Je trouvais plus rigolo de limiter ma critique à la piètre prestation (pas que sa mort, hein) de notre Cotillard nationale. 😀 Après, niveau mise-en-scène, rythme et divertissement, on est servi, pas de souci de ce côté-là.

      Un petit pronostic pour les FLOP et TOP ? 😉

      • Moi je m’en fous de ce que les gens ont vantés ou pas 😮 J n’y vois pas de virtuosité scénaristique comme dans Inception (même si là aussi je suis sur que t’as trouvé des trucs qui vont pas :p). C’est juste un très bon divertissement, une vision de Batman plus réaliste que celle de Burton c’est sûr, plus techno, moins sombre aussi (quoique). Rien à envier a un Avenger en tout cas :p .
        Ceci dit pour pinailler, on vois des gens essayer de sortir de la prison, ils n’y arrivent pas c’est tout ^^

  2. Go-Ichi, pas mal troussés tes commentaires mais attention de ne pas devenir aussi abscons que les dialogues de Margin Call . J’aurai bien vu « archétype » à la place de « poncif » dans ta chronique sur Rebelle. Ton style résolument incisif, piquant (façon Espelette, dixit Calagan), non dénué d’un certain humour légèrement ésotérique, oblige le lecteur à une vigilance de tous les instants, c’est pourquoi il vaut mieux employer les mots justes, Go-Ichi…
    Bravo pour Cottillard! Mais qu’est-ce que c’est que ce « no way »? No comprendro porque no anglophono. D’ailleurs, pourrais-tu mettre quelques expressions hispaniques qui me feraient bien plaisir? Un autre bravo pour « émuler », après vérification ça existe bien!!! Moi j’irai bien voir Exam, tu m’as donné envie…

    et pour finir Matt Damon est pas pataud, le pataud c’est toi ;-),

    Bonne année!

    Ps: pour le challenge, je te propose de placer dans ta prochaine chronique les mots suivants: « empyreume », « stridulation » et un facile « ad hominem ».

    • Entendu, challenge accepté ! Je préciserai le moment voulu dans quel article j’utiliserai « empyreume », « stridulation » et « ad hominem » (j’ai déjà un petite idée).

      Et merci pour ton commentaire, A.O.C., ça me fait plaisir !

      PS : tu as raison pour « archétype », c’est corrigé.

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