You’re Next

L’avantage d’aller faire un tour dans un festival de ciné, c’est de pouvoir mater des films bien avant leur sortie officielle sur notre beau territoire de l’exception culturelle. Étrangement, cette fierté nationale s’applique assez peu pour le cinéma de genre, où un nombre limité des longs indépendants trouvent le chemin de nos salles obscures. Exception confirmant l’exception (culturelle), You’re Next est un putain de miraculé.

Réalisé par Adam Wingard, You’re Next appartient au genre des « home invasion » où l’on suit une famille, persécutée dans leur propre maison par des assaillants généralement masqués. Un genre qui a donné des chefs-d’oeuvres comme La Dernière Maison sur la gauche (1) de Wes Craven ou des nanars interplanétaires comme le récent American Nightmare  (The Purge, titre original ô combien plus adéquat). Heureusement pour nous, You’re Next se situe dans la première catégorie.

Comme je l’ai déjà écrit dans mon compte-rendu du Festival de Gérardmer 2013, le film de Wingard ne se pare d’aucuns oripeaux intellectuels et se concentre uniquement sur son concept : une fille badass colle une trempe monumentale à un commando de mercenaires venus exterminer sa nouvelle belle-famille… Point. Là où beaucoup auraient pu se contenter de mener un suspense efficace mais sans âme, Wingard ajoute une couche d’humour noir et d’ironie bien sentis, sans jamais tomber dans le piège du film référentiel (Kill Bill, c’est de toi dont je cause). Des influences, Wingard en a, c’est certain, mais c’est sa patte qui transparaît dans la mise-en-scène, nerveuse et servant souvent à dédramatiser des scènes autrement plus hard.

you're next 2

Je ne veux pas trop en dire, et j’en ai déjà trop dit dans l’article sur Gérardmer, mais je ne peux que vous déconseiller fortement de vous faire votre avis en visionnant la bande-annonce, à des kilomètres du véritable ton du film : la BA est calibrée pour un home invasion sérieux et premier degré, alors que le film de Wingard frise (et frise seulement) la parodie. La violence est souvent percutante mais jamais cradingue et sordide : le film s’apparente plutôt à un rollercoaster fun et décomplexé, qui se permet d’égratigner au passage la bourgeoisie républicaine des US of A, sans chercher à faire une déclaration d’intention politiquement chargée.

Je vous recommande également V/H/S, dont l’un des courts est réalisés par Wingard. Il s’agit d’une anthologie d’histoires courtes qui donne un réel second souffle au found footage, alors ankylosé par les clones de Paranormal Activity. A noter que les deux films sont produits par Bloody Disgusting, l’équivalent web de notre MadMovies, site de référence pour tous les fans de cinéma d’horreur.

(1) Le film de 1972, pas le remake de 2009 par Denis Illiadis, toutefois plus que correct (et avec Aaron Paul de Breaking Bad !).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s